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Friday, March 25, 2011

Marseille, un pari sur l’avenir « Ecotidien

Deux jours et 75 € de train plus tard, nous avons quitté Dijon et la Bourgogne pour nous rendre à Marseille, après un changement à Lyon. Apparue au VIème siècle avant JC, Massalia a toujours été au carrefour des civilisations. Ville à la fois très riche et très pauvre, Marseille abrite les ménages les plus hétérogènes. Dans le vallon des Auffes, d’immenses et superbes villas surplombent la mer, et l’on y voit des Audi, des Mercedes et des BMW s’engouffrer dans les garages sous-terrain.? Tandis que dans les quartiers Nord, à 5 stations de métro de là, les vieilles carcasses ab?mées s’entassent au pied des cités HLM délabrées. André Donzel, sociologue à l’Université de Provence, rappelle dans une étude sur Marseille les écrits de Rambert qui opposait déjà, en 1934, le Nord industriel pauvre au Sud résidentiel et bourgeois. Séparés symboliquement par la Canebière, frontière sociale et économique.? Des disparités que l’on retrouve évidemment dans le pouvoir d’achat des Marseillais.
En région PACA, près de 54 000 ménages sont assujettis à l’ISF, dont près de 6 000 à Marseille même. Dans le même temps, on compte près de 12% de la population, soit 520 000 personnes, vivant sous le seuil de pauvreté. Pour la plupart dans ce qu’on appelle ? les quartiers Nord ? de Marseille (14è et 15è arrondissements principalement): 71% de la population bénéficiant d’une allocation bas revenus habite dans les territoires du CUCS (urbains sensibles) selon la Mairie de Marseille.
Mais parmi eux, certains quartiers comme la Belle de Mai, dans le 3è arrondissement, sont en pleine rénovation. Comme Le Marais à Paris, il y a 10 ans, ou Belleville actuellement, le coin passe progressivement de ? populaire ? à ? branché ?.? La création du P?le Média, qui regroupe les studios, les bureaux et la production de 70 sociétés audiovisuelles (dont Plus Belle la Vie) y contribue largement. Ainsi, en 10 ans, le prix de l’immobilier à l’achat a presque doublé dans ce quartier, atteignant aujourd’hui près de 3500 € le mètre carré en moyenne. Stéphane, responsable commercial, a quitté Paris pour s’installer à Marseille en 2007 avec sa famille. ? Pour le soleil ? et pour ? gagner en pouvoir d’achat ?. Pari gagné ? ? Oui et non. Pour le soleil, pas de problème. Pour le pouvoir d’achat, les prix sont presque les mêmes que ceux de Paris. Et les salaires sont inférieurs… donc on va dire qu’on paye le soleil et la bonne humeur des gens ! ? sourit-il.
marseille2La moyenne des salaires des joueurs de l’OM serait de 120 000 €, mais le revenu moyen par ménage reste légèrement inférieur à la moyenne nationale. Et si le taux de ch?mage baisse régulièrement, il n’en demeure pas moins élevé. De plus de 20% dans les années 90, alors à son plus haut niveau, il est revenu à moins de 13% en 2008 (source : INSEE), soit 3 points au dessus de la moyenne nationale. ? Il y a un grand nombre de demandeurs d’emploi, mais on n’arrive pas à savoir ce qu’ils veulent faire.? Ils acceptent un entretien d’embauche, mais ils n’y vont pas, ou ils partent avant la fin de la période d’essai. ? analyse Amina, coach emploi dans un cabinet de placement. Des centaines d’offres d’emploi, pour la plupart non qualifiées, ne trouvent pas preneur.
Ou bien elles trouvent illégalement : à Marseille plus qu’ailleurs, on recourt à l’économie sous-terraine. Jimmy nous confesse avoir été serveur ‘’au noir’’ pendant plus de 3 ans. ? Je touchais plus de 2600 € en cash chaque mois, sans compter les pourboires. C’était plus rentable pour le patron qui s’économisait les charges, et pour moi parce que déclaré, j’aurais touché moins. ? Jimmy a du arrêter quand il a eu un accident de scooter et n’a bénéficié ni de soins remboursés, ni de jours d’arrêt maladie rémunéré, ne pouvant pas prouver qu’il avait bien travaillé. ? Ca m’a couté plusieurs milliers d’Euros. Au restau, le patron n’a eu aucun mal à me remplacer, tant qu’il y aura de la demande et que chacun y trouvera son compte, ?a marchera comme ?a ! ? dit il un brin fataliste. Aujourd’hui serveur ‘’officiel’’, il n’exclue pas de retravailler au noir dans quelques années.
Batiment, restauration, sécurité, les emplois non déclarés sont légion. Mais il y a un secteur qui, à Marseille, génère plus d’économie qu’ailleurs : le sport. Dans la ville qui a vu grandir Zinédine Zidane, Eric Cantona et Samir Nasri, et qui a même brièvement accueilli Laure Manaudou, on ne peut pas passer à c?té. Et le moins qu’on puisse dire, c’est que ville est bien équipée !? Les Marseillais ont l’embarras du choix pour voir ou faire du sport : Palais des Sports, Cercle des Nageurs de Marseille, Hippodromes Borély et Vivaux, Salle Omnisports Vallier, le futur Palais de Glisse et de la Glace qui ouvrira dans l’année (destiné à attirer les amateurs de sport d’hiver qui allaient en Savoie)et bien s?r le Stade Vélodrome, stade de l’OM, 60 000 places.
? Les places au Vélodrome sont chères, alors on ne va pas voir tous les matches ? affirme Jimmy.
Mais à Marseille, nul besoin de payer pour voir du spectacle : l’ambiance est tout aussi animée en terrasse du bar de l’OM, sur le Vieux Port. Amina confirme : ? A Marseille on peut se distraire tous les jours si on veut: plage, calanques, Vieux-Port, promenades en ville, journée dans l’arrière-pays, et tout ?a pour 0 € ! Au moins, la ville est toujours animée ? Animée à tous les niveaux. Car si Marseille accueille plus de 4 millions de touristes chaque année, dont 80% de Fran?ais, ceux-ci ne sont pas toujours bien re?us. En ouvrant les yeux, on peut voir au moins un vol à l’arrachée par jour, appareils photos, portefeuilles, vêtements, tout ce qui peut se revendre est bon à prendre. Dernièrement, une bande d’enfants-cambrioleurs dont le plus jeune avait à peine 12 ans ont même été délogés d’un squat boulevard Moretti, où ils ramenaient leurs butins.
marseille3? Pour les enfants, Marseille n’est pas une ville idéale. Il vaut mieux vivre en villages. Les Marseillais dont la famille vit ici n’ont pas de soucis, on trouve toujours une tante ou une grand-mère qui ne travaille pas et garde les petits. Mais notre famille vit à Paris, nous payons donc une assistante maternelle 850 € par mois.? explique Stéphane, le Parisien. ? Mais la solidarité qui règne ici m’impressionne. Une injustice ? Grève générale ! Quand je suis arrivé, le propriétaire d’un bar m’a entendu dire que j’avais encore des affaires à sortir du camion et à monter dans mon nouvel appartement, au cinquième étage. Et que ma femme était enceinte. Il m’a envoyé le jour même ses deux serveurs pour m’aider, gratuitement !? Stéphane dresse la liste de ces menus services qui dopent le pouvoir d’achat : poissons pêchés et partagés, covoiturage spontané, vêtements donnés… ? Ici, tout n’est pas forcément marchand ? explique le responsable commercial.
En attendant la promulgation d’une loi, le journal La Provence révélait la semaine dernière qu’une majorité de Marseillais était contre le travail du Dimanche. Et ils savent de quoi ils parlent : les 400 magasins de la zone commerciale de Plan de Campagne, surtout fréquentés par les habitants des régions limitrophes, sont ouverts le dimanche depuis des années. Le shopping du samedi après-midi n’est pas en reste: les commerces du centre ville de Marseille génèrent à eux seuls 500 millions d’Euros de chiffre d’affaires !
Mais pour dynamiser encore son pouvoir d’achat, Marseille devra faire face à de nouveaux défis dans les années à venir. Le premier est culturel et international: la ville, qui bénéficie d’un rayonnement mondial, a été choisie pour être Capitale Européenne de la Culture en 2012. Plaque tournante, au centre de la nouvelle Union pour la Méditerranée, son port est sans cesse en activité et le ballet des bateaux provenant de Corse, d’Italie, de Tunisie, du Maroc, est incessant.
Le second est environnemental : ville la plus polluée de France, Marseille a même vu se créer une Ecole de l’Asthme. D’après Ecoforum, qui mesure la pollution, 300 000 Marseillais vivent dans une zone où la valeur limite (40 microgrammes de NO2 par mètre cube d’air et par an) est dépassée. Deux défis importants à relever, et deux raisons de protéger les calanques de Cassis, classées au patrimoine mondial de l’UNESCO, sortie estivale préférée (et gratuite) des Marseillais comme des touristes.
Marlène Schiappa
Photos:
1/ La “Bonne Mère”
2/ Logo de l’Olympique de Marseille: Droit au But !
3/ Place de la Joliette (crédit: Mairie de Marseille)


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